Les adolescents, c'est comme les fleurs. Le jarnidier choisit sa terre soigneusement, sème à l'intérieur de sa maison pour protéger sa semence des intempéries et des dangers de l'extérieur. Il offre à sa jeune pousse tous les soins et l'amour nécessaires à sa croissance.
Un beau jour, il décide de lui présenter le monde extérieur en privilégiant une journée clémente mais évite le soleil de plomb qui pourrait la flétrir. C'est un choc pour la plante qui ne possède pas encore de fleurs. Il va même jusqu'à choisir le lieu idéal à son épanouissment en contrôlant ses fréquentations. Chaque jour, il éloigne vigoureusement les mauvaises herbes qui envahissent son espace vital. De façon surprenante, il lui inflige volontairement un grand stress en coupant ses tiges dans le but de la stimuler et de favoriser la production d'une fleur qui à son tour disséminera ses semences.
Il gère l'apport des engrais chimiques ou biologiques selon le cas. Par dessus tout, il lui donne de l'eau pour répondre à ses besoins essentiels. Alors voilà le lien avec les adolescents qui demandent la même chose que les fleurs. Donnez-en trop aux ados et ils deviennent les ados-rois (suite logique des enfants-rois, pourris, gâtés...), négligez-les et ils seront en carence d'amour, mal-aimés.
Bonne chance au jardinier qui saura trouver le fin dosage entre l'amour, le chemin de l'autonomie et de l'affirmation de soi ... dans le respect mutuel et l'harmonie familiale.
Si vous voulez mon avis, la constance du jardinier, c'est mauvais pour les adolescents. Je m'explique. La fameuse cohérence et la sacro-sainte constance exigées des parents-modèles génèrent deux résultantes indésirables.
La première, c'est que l'enfant évolue vers l'adolescence alors que notre façon d'agir demeure sensiblement la même au fil des années. Nous sommes des dinosaures croyant que la période mésozoïque n'aura pas de fin.
Deuxièment, si nous avons plusieurs enfants, nous prônons l'égalité et la justice peu importe le caractère unique de chacun des enfants. Garçons, filles, sportifs, intellectuels, timides, extravertis, doués ou en difficultés. C'est du pareil au même, nous faisons de notre mieux sachant très bien que l'art d'être parent, c'est une discipline expérimentale. Sommes-nous de meilleurs parents après 2 ou 4 enfants ?
Je ne suis pas un expert en statistiques, mais je sais que 2, 4 ou 12 ne représentent probablement pas des échantillons significatifs. Un actuaire ou un mathématicien pourrait-il m'informer du nombre d'enfants nécessaires pour être considéré comme un parent capable d'éduquer ses enfants avec la certitude d'avoir réussi ou simplement avoir fait du bon travail.
Pour compliquer les choses, nous sommes souvent 2 jardiniers pour la même fleur et de plus en plus jusqu'à 4 jarnidiers dans 2 jardins différents parfois éloignés de dizaines ou centaines de kilomètres . L'un arrose beaucoup, l'autre préfère le bio tandis qu'un troisième coupe le cordon trop tôt et le quatrième place le tournesol à l'ombre !
Dans ces conditions, chaque ado qui atteint l'âge adulte représente en soi un grand miracle d'adaptation au changement perpétuel. Ce sont des ados de type rustiques particulièrement bien préparés aux changements climatiques planétaires. Faisons-leurs confiance !